Retour sur l’Avignon Off de Carole Jacques

3 mai 2018

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Catherine Cour, le 23 juillet 2016, use de sa plus belle plume  et nous livre son ressenti sur le concert de Carole Jacques à l’Atypik Théâtre dans le cadre du festival off d’Avignon.


 

C’est de la chanson… et j’ose même dire : de la bonne chanson ! Et comme on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même, la dame s’accompagne à de multiples instruments (clavier, guitare, violoncelle… et looper).

Variété des instruments, des rythmes, des inspirations… de quoi séduire le spectateur et le tenir accroché jusqu’à la fin du spectacle.

Il faut dire que la première chanson nous fait un descriptif de tous les baisers possibles. Quand ça commence comme ça, la suite ne peut être que délectable ! D’ailleurs, elle l’est : on fait la connaissance des amies, tantes, cousines et autres p’tites chéries de la vie de Carole. Elle nous fait participer ensuite à son cauchemar quotidien (que nous connaissons bien) : réussir à mener à bien dix tâches de front : boulot, famille… Ça n’est pas seulement « ambidextre » qu’il faut être, c’est carrément le don d’ubiquité qui est nécessaire ! Et Carole Jacques parvient à se cloner sous nos yeux ébahis (et avec l’aide de son looper !) Elles sont une mais plusieurs sur scène ! Même pas peur !

Elle slame, elle groove, elle jazze, elle nous raconte ses vacances à Istanbul-la-très-peuplée, puis elle « déménage à l’intérieur », nous fait chanter en chœur ses affres d’auteure : « Si j’avais pas l’ bourdon / J’écrirais pas d’ chansons / Si j’avais pas l’ cafard / J’écrirais pas d’histoires« , nous parle de l’homme de sa vie, puis de son gentil libraire, polygraphe et trop bavard, et nous entraîne à sa suite dans l’eau d’une piscine trop chlorée ou dans le 93, pour y faire la connaissance de sa douce grand-mère. Le temps où on pouvait ramasser le muguet dans les bois est révolu… Le jardin où poussaient, pendant la guerre, rutabagas et topinambours, fraises et navets, n’existe plus que dans les mémoires… et donc dans la nôtre, maintenant, puisque Carole nous en a fait aussi les dépositaires.

Et puis la boucle est bouclée : les baisers du début débouchent sur  « Les gens qui s’aiment n’ont pas peur de se parler d’amour »

Catherine Cour